Boson de Higgs : des Centraliens impliqués
06/07/2012
ATLAS Experiment © 2012 CERN
Le 4 Juillet 2012, 9h00 au CERN, les expériences ATLAS et CMS ont fait le point sur la recherche du boson de Higgs lors d'un séminaire exceptionnel.
Fabiola Gianotti et Joe Incandela, porte-parole des deux expériences, ont exposé en 45 mn chacun le travail de leurs équipes, leur cadre et leurs outils. En utilisant les données de 2011 (collisions d'énergie 7 TeV) et celles de 2012 (collisions d'énergie 8 TeV), ATLAS et CMS ont toutes les deux ainsi annoncé l'observation d'un excès d'événements sur plusieurs canaux (différentes voies de désintégration/production des particules étudiées) qui, statistiquement, correspond à la production d'un objet inconnu jusqu'alors, d'une masse de 125 GeV environ.
C'est une découverte exceptionnelle, car il s'agit là d'une particule qui ne peut pas être interprétée comme un état lié d'objets connus. Qui plus est, ce que l'on observe jusqu'à maintenant des propriétés de cette particule est compatible avec ce que prévoient les calculs théoriques sur le boson de Higgs.
Rappelons que cette particule est l'un des derniers ingrédients non observé du Modèle Standard de la physique des constituants élémentaires, signature du mécanisme de brisure de symétrie électrofaible. Son existence et ses propriétés (sauf sa masse, exprimée en GeV) ont été prédites par P. Higgs, F. Englert et R. Brout en 1964. Sa recherche a été activement menée depuis près d'un demi-siècle et s'est intensifiée ces dernières années avec la conception et le démarrage de l’accélérateur Tevatron aux Etats-Unis (en fonction jusqu’en 2011) et du LHC (Large Hadron Collider) au CERN. Suite à leurs observations, les expériences ATLAS et CMS vont maintenant étudier les propriétés de ce nouvel objet, afin de confirmer qu'il s'agit bien d'un boson de Higgs, ou, hypothèse peut-être plus extraordinaire, de quelque chose de totalement nouveau.
Les résultats d'aujourd'hui sont le fruit d'un long travail de fourmi d'équipes internationales, des chercheurs, des ingénieurs et techniciens ainsi que des personnels administratifs qui ont garanti le cadre et le bon fonctionnement de cette extraordinaire organisation qu'est le CERN portée par une participation heureusement pérenne des états membres. En particulier les équipes françaises, impliquant des anciens de l'Ecole, dont celle menée par P. Schwemling (P89) au LPNHE (Paris 6 et Paris 7, CNRS/IN2P3), celle du LAL (Paris Sud, CNRS/IN2P3) avec D. Rousseau (P89) et E. Augé (P80), du CPPM (Aix Marseille, CNRS/IN2P3) avec F. Hubaut (P96) ou encore du CEA/irfu avec JP Meyer (P85), et bien d'autres... ont contribué significativement à cette traque du boson de Higgs.
C'est à la fois l'aboutissement de plus de 20 ans de travaux pour imaginer et réaliser le LHC, "avec des moments difficiles sur de gros problèmes d'ingénierie car, en plus d'une physique extrême, nous poussions les technologies à la limite du raisonnable" se rappelle P. Schwemling, et le début d'un grand défi pour confirmer, étudier et caractériser ce que les physiciens viennent d'observer.
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Contact : Alexandrine Urbain - directrice de la Communication - alexandrine.urbain@ecp.fr
Photo : ATLAS Experiment © 2012 CERN
